Lutter contre les Burnout de Dirigeants

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par - Alan Caugant, CEO SUPERHUMAIN™

Diriger, c’est prendre des risques et s’exposer au stress. Ce dernier peut être facteur de motivation, propulsée par l’adrénaline qui nous aide à rester vifs d’esprit, concentrés et alertes. Cependant, de nombreux dirigeants souffrent de burnout, ce syndrome d’épuisement professionnel qui peut gravement affecter notre santé physique et mentale lorsque nous subissons des épisodes prolongés de tension et de stress. Le burnout est un fléau des temps modernes, une sorte d’épidémie qui ravage les dirigeants qu’elle trouve sur son passage, les laissant épuisés et en déroute. Selon l ‘Organisation mondiale de la santé, le burnout est un « phénomène lié au travail ». Dans cet article, nous examinerons les signes avant-coureurs et les symptômes du burnout,les facteurs de risque et de préventionliés à cette affection, et surtout, les mesures que les dirigeants peuvent prendre pour se protéger contre ses effets délétères.

Comment le syndrome du burnout affecte-t-il notre corps etnotre cerveau ?

Le terme « burnout » fut employé pour la première fois par le psychologue Herbert Freudenbergeren 1974. Ce phénomène, dont nous avons désormais tous entendu parler, décrit comment notre santé physique, émotionnelle, mentale et comportementale peut être affectée par un stress permanent et prolongé, sans répit ni soutien extérieur. Selon un sondage récent mené par l’ Institut Gallup, 76 % des salariés souffrent parfoisd’épuisement professionnel, et 28 % déclarent être « très souvent » ou « toujours »en situation de burnout au travail.

Selon lesneurosciences,l’exposition à une situation de stress répété et prolongé est à l’origine du syndrome d’épuisement professionnel. Notre cerveau et notre corps sont capables de résister à des périodes de stresspassagères. Elles entraînent généralement une réaction de « fight of flight », lutte ou fuite, caractérisée par une tension soudaine de nos muscles et une accélération de notre rythme cardiaque et respiratoire afin de nous permettre de réagir rapidement et efficacement. Notre cerveau libère alors du cortisol, l’hormone du stress, pour nous aider à rester vigilants pendant que nous gérons la situation. Mais lorsque l’exposition au stress est prolongée, notre corps et notre cerveau restent ainsi vigilants pendant trop longtemps, sous l’effet du cortisol. Avec le temps, notre organisme peine à produire cette hormone du stress, ce qui entraîne une fatigue des glandes surrénales. Les zones du cerveau qui régulent notre réponse au stress s’en trouvent affectées,tout comme notre capacité à gérer ce dernier. Ainsi survient le burnout.

Le burnout :reconnaître son impact

Le burnout peut survenir sans prévenir. Comme nous l’avons évoqué précédemment, il résulte d’une exposition répétée et prolongée à une situation de stress. Il n’est pas étonnant alors que les personnes occupant des postes à responsabilités, et se trouvant donc régulièrement exposées au stress, soient particulièrement sujettes au burnout. Il importe de savoir reconnaître les signes avant-coureurs de ce dernier afin d’en anticiper, et donc prévenir, les conséquences.

Le burnout se caractérise par trois facteurs principaux : le sentiment de non-accomplissement personnel (évaluation négative de soi-même), l’épuisement émotionnel (les émotions nous submergent) et le désengagement (sentiment d’insensibilité ou d’indifférence au monde qui nous entoure). Une fois déclarés, ces symptômespeuvent rapidement s’emballer et s’aggraver à mesure que s’intensifie la source de stress.

Burnout :risques et prévention

Le risque d’épuisement professionnelest plus ou moins élevé selon les situations. Les facteurs favorisant le burnoutincluentl’exposition au stress dans la sphère privée,l’excès d’idéalisme ou de perfectionnisme, le manque d’attention au bien-être personnel, une charge de travail importante, l’isolement professionnel ou encore une hiérarchie défaillante. En revanche, un encadrement bienveillant associé à une réelle prise en compte de nos besoins physiques et psychologiques permettent d’anticiper le burnout, et donc de s’en protéger. Pour éviter de succomber au syndrome d’épuisement professionnel, les dirigeants doivent s’accorder des pauses régulières et ne pas omettre de prendre les congés auxquels ils ont droit pour se reposer.

Limiter l’impact du stress chronique pour éviter le burnout

Bien qu’éradiquer le stress de nos vies de façon absolue et définitive ne soit pas possible, ni même souhaitable,il importe de prendre des mesures pour en atténuer les risques, à savoir leburnout,lorsqu’il est répété et prolongé. Il s’agit de pouvoir s’investir dans son travail de façon saine, sans devoir subir de lourdes conséquences sur notre santé et notre bien-être.

Afin d’atténuer les effets néfastes d’unexcès de stress, les approches suivantes peuvent s’avérer utiles au quotidien :

1. Se faire aider. Il existe peut-être, au sein de votre entreprise, un protocole d’accompagnement pour les employés confrontés à un stress excessif et sujets à l’épuisement professionnel. Si ce n’est pas le cas, il est possible d’obtenir de l’aide auprès de votre médecin ou d’organismes de santé dédiés ; n’hésitez pas à entreprendre cette démarche afin de vous libérer d’une exposition néfaste au stress et pour remettre le bien-être au centre de votre vie.

2. Méditer. Les bienfaits de la méditation transcendantale sur l’esprit et le corps ne sont plus à prouver. Grâce à Internet, il est plus facile que jamais de trouver des praticiens ou bien des cours près de chez soi. Pour en savoir plus, je vous invite à visionner le film « Make Me A Leader », pour mieux comprendre comment les dirigeants du XXIe siècle peuvent optimiser et faire fructifier leurs pratiques.

3. Sortir. Beaucoup d’entre nous travaillent dans des tours d’acier et de béton, au milieu d’ordinateurs et de machines, déconnectés de la nature hormis quelques insignifiantes parcelles d’herbe ici ou là. Heureusement, de plus en plus de villes prennent en compte notre besoin d’espaces verts ; avec un peu de chance, il y en a un près de chez vous. Si ce n’est pas le cas, prenez l’habitude d’aller vous balader en forêt ou à la campagne le week-end,pour vous reconnecter à la nature.

4. Oser le changement, oserse reconnecter à soi-même. Si le train-train de votre quotidien professionnel vous pèse, n’ayez pas peur de le bouleverser ! Vous ne pouvez pas être au meilleur de vos capacités lorsque votre cerveau et votre corps sont en souffrance. Heureusement, ce n’est pas une fatalité ! Faites le point sur les options dont vous disposez, suivez une formation si nécessaire, et surtout, ne laissez pas la peur et le stress vous empêcher de réaliser vos rêves.

5. Déléguer. Une seule personne ne peut pas être au four et au moulin.Un leader efficace,c’est un leader qui sait déléguer les tâches à accomplir de façon judicieuse, et auxpersonnes de confiance. Même si vous avez du mal à lâcher prise, même si passer les rênes à quelqu’un d’autre vous est difficile, vous serez sans doute beaucoup plus heureux et moins stressé si vous vous entourez de personnes compétentes et dignes de confiance.

Travailler dur ne se solde pas fatalement enburnout. En développant leur conscience d’eux-mêmes et de leurs modes de fonctionnement, les dirigeants peuvent mieux appréhender l’impact du stress sur leur propre bien-être et donc prendre des mesures proactives pour prévenir le burnout. Les leaders qui font preuve de conscience de soi et qui savent prendre soin de leurs individualités ouvrent une voie pavée de valeurs essentielles pour leurs employés. Une excellente façon de juguler les ravages du burnout et de retrouver l’équilibre au travail.