Il était une fois… Comment le storytelling des entreprises affecte le cerveau des employés

Follow by Email
Twitter20
LinkedIn20
LinkedIn
Share

par - Alan Caugant, CEO SeperHumain

Par Alan Caugant, PDG de SUPERHUMAIN

Le message de votre entreprise peut avoir un impact plus important sur votre organisation grâce à une histoire racontée efficacement…

Elles peuvent enflammer lesidéeset motiver deséquipes.Elles peuvent susciter le respect, l’émerveillement,l’inspiration. Elles peuvent nous faire sauter de nos sièges, par surprise ou par terreur. Les histoires possèdent des facultés plus grandes que ce que nous aurions pu imaginer.

Il était une (relativement récente)fois, le domaine des neurosciences qui jetait un coup d’œil dans les coulisses des récits. Ce qu’il a découvert, c’est que les histoires affectent notre constitution physique et mentale à de nombreux niveaux. De la connexion des deux hémisphères du cerveau au déclenchement de la libération de neurotransmetteurs spécifiques, les histoires provoquent un réel changement – dans nos pensées, nos sentiments et souvent nos actions.

Les histoires vont au-delà des livres, des films, des articles ou des représentations théâtrales. Elles incluent également les histoires que les entreprises formulent à travers leurs marques ainsi que les histoires que nous nous inventons en lien avec qui nous sommes – en tant qu’individus et en tant que personne dans la collectivité.

«Les histoires que nous racontons forgent littéralement le monde. Si vous voulez changer le monde, vous devez changer votre histoire. » – Michael Margolis

Avant de plonger dans la science du cerveau cachée derrière ces histoires, examinons les raisons évolutivesexpliquant pourquoices récits font partie intégrante de l’Histoire humaine.

L’IMPACT DES HISTOIRES SUR LA SURVIE DE L’HUMANITÉ ENORGANISATIONS

Les histoires les ancêtresqui ont précédéWikipédia, elles sont un moyen de propager la sagesse. Imaginez nos ancêtres à l’âge de pierre assis autour d’un feu. Un groupe d’hommes qui revient de la chassequotidienne raconte avec enthousiasme le moment où ils ont croisé une hyène. Grâce à leur expérience, ce groupe d’hommes a su utiliser leur récit pour conseiller et informer les autres sur la façon de ne pas se faire manger par une hyène.   

Nous sommes biologiquement programmés pour nous entraider. La survie de notre espèce dépend de notre capacité à coopérer, à éviter les dangers et à profiter des opportunités. Partager la sagesse à travers des histoires est l’une des façons dont nous pouvons faire ces trois choses. Les liens de l’humanité se renforcent grâce au sentiment d’empathie que créent les histoires.

«Une vie prend un sens quand on se considère comme un acteur dans le contexte de l’histoire.» – George Howard 

Ensemble, nous aidons nos tribus (et notre espèce) à continuer d’évoluer à mesure que nous nous appuyons sur les connaissances que d’autres avant nous ont laissées. Nous devenons plus sages sans devoir faire les mêmes erreurs que nos prédécesseurs. D’un point de vue biologique, les histoires nous font avancer de trois manières principales:

  1. Elles nous aident à communiquer les uns avec les autres
  2. Elles nous aident à établir un plus grand nombre de connexions entre les hémisphères gauche et droit du cerveau
  3. Elles nous aident à la mémorisation et à l’intégrer ce que nous apprenons

COMMENT LES HISTOIRES AFFECTENT-ELLES LE CERVEAU?

Ceci est un bref résumé de quelques-unes des principales découvertes concernant l’effet des histoires sur la composition et le fonctionnement de notre cerveau.

  1. SE SOUCIER LES UNS DES AUTRES: LES NEURONES À OCYTOCINE ET LES NEURONES MIROIRS

Les histoires nous aident à ressentir une connexion plus forteles uns envers les autres. Elles peuvent augmenter nos niveauxd’empathie et aident souvent à renforcer nos valeurs les plus importantes telles que la compassion et la gentillesse.

  • Laisser couler l’ocytocine
    Lorsque nous nous identifions aux personnages d’une histoire, notre cerveau libère de l’ocytocine, souvent appelée hormonede« liaison » ou « d’amour ». Cela nous faitsentir proche des personnages même si nous n’avons aucun contact physique ou personnel avec eux. 
  • Le miroir des neurones
    Les neurones miroirs sont activés lorsque nous observons une autre personne effectuer une action ou vivre une émotion. Souvent inconsciemment, nous reflétons alors ces actions ou émotions. Lorsque nous regardons notre personnage préféré se battre pour sa vie sur l’écran du cinéma, nous ressentons la peur et l’anxiété comme si nous étions ceux qui étaient attaqués. C’est parce que leurs sentiments sont reflétés dans le miroir de notre propre réseau neuronal. Les actions et les émotions des personnages sont littéralement calquées sur lesreprésentations sensorielles de notrepropre cerveau.
  • Un concept lié aux neurones miroirs est le couplage neuronal. Les travaux du Dr Uri Hasson ont démontré que le cerveau de la personne qui raconte une histoire se synchronise réellement avec l’auditeur.

En construisant ce sentiment de connexion avec les personnages, nous ignorons souvent où nos sentiments s’arrêtent et où commencent ceux des personnages. Cela peut nous aider à nous sentir plus connectés et moins seuls lorsque nous réalisons que nous sommes tous des êtres humains qui éprouvent un large éventail d’émotions.

  1. ACCROÎTRE L’ACTIVITÉ NEURALE: LA CONNEXION DES DEUX HÉMISPHÈRES

Les faits et les données activent le côté gauche de notre cerveau. Cet hémisphère est connu comme étant le centre du langage et de l’analyse. Le côté droit du cerveau est souvent associé à la créativité et à l’intuition. Cela nous aide à voir la situation dans son ensemble, tandis que le côté gauche se concentre uniquement sur la sélection de certains modèles.

Les histoires constituentune concoction parfaite pour plaire aux deux côtés du cerveau. Les informations présentées stimulent l’hémisphère gauche. La structure cohésive qui maintient l’histoire ensemble stimule le cerveau droit. En conséquence, une plus grande partie de notre cerveau est au travail et l’augmentation de cette activité neuronale nous aide à établir plus de connexions entre les informations présentées et nos connaissances existantes. Les histoires facilitent ainsi l’intégration de nouvelles informations à notre expérience.

  1. SE SOUVENIR DE CE QUE NOUS APPRENONS: ACCUEILLONS LES ÉMOTIONS!

Les histoires efficaces nous font ressentir des émotions. Les émotions renforcent notre capacité à mémoriser les expériences et contribuent ainsi à améliorer le traitement de l’information. Les histoires permettent à notre cerveau de stocker plus facilement des données dans l’optique de les récupérer ultérieurement.

Les émotions sont des signauxqui indiquent au cerveau que ce que nous vivons est important. En conséquence, le cerveau accorde beaucoup plus d’attention et stocke les informations chargées d’émotions dans des parties plus profondes telles que le cervelet. Plus nous nous identifionsdans un récit, plus nous serons en mesure de nous rappeler les informations présentées. Selon Morris et al., le contenu émotionnel des histoires améliore les chances que nous agissions sur les informations partagées.

« Les histoires sont des aide-mémoires, des manuels d’instructions et des boussoles morales. » – AleksKrotoski

 CRÉER UNE HISTOIRE EFFICACE

Si vous voulez que votre histoire – personnelle ou professionnelle – ait un plus grand impact sur les autres, voici quelques points à garder à l’esprit:

  1. CAPTUREZ L’ATTENTION PAR UN CONFLIT OU UNE TENSION

L’attention est la ressource la plus précieuse du cerveau. Pour que le cerveau dépense son énergie en intégrant de nouvelles données, il doit y avoir quelque chose en jeu. Une histoire qui crée des tensions est susceptible de capter l’attention, car notre cerveau voit la possibilité d’apprendre quelque chose qui pourrait nous aider à éviter une menace ou à profiter d’une opportunité.

En marketing, la ligne est souvent mince entre le fait de provoquer un stress inutile oud’attirer l’attention sur un problème qu’un produit ou service pourrait aider à résoudre. Dans le storytelling, c’est la relation entre le problème du personnage et le nôtre qui le rend stimulant et qui nous attire.

  1. METTEZ-VOUS DANS LEURS CHAUSSURES
    Afin de créer de l’empathie et un sentiment de connexion, réfléchissez à la façon dont vos lecteurs / auditeurs / téléspectateurs pourront s’identifier à votre histoire. Quels sont leurs plus grands désirs et craintes? Adaptez votre histoire aux personnes que vous souhaitez aider ou divertir le plus. Pensez aux récits ou aux marques qui vous attirent le plus. Ce sont probablement cellesdans lesquelles vous vous identifiez le plus.

Présentez votre histoire dans un format où votre public cible devient le héros –vous êtes simplement le «guide» qui les aide à surmonter un problème – un peu comme un Yoda personnel.

Si vous réussissez avec ces deux premières stratégies, vous aiderez votre public à vivre un phénomène appelé le « transport». C’est le momentoù nous nous introduisons dans l’universdu récit, grâce à un cocktail du cortisol provenant de notre attention accrue et de l’ocytocine provenant de notre sens de la connexion réciproque.

  1. PROPOSER UNE SOLUTION DE FAÇON INNOVANTE
    La nouveauté augmente la rétention de l’information. Parce que le cerveau doit accorder plus d’attention pour retenir de nouvelles informations, il est plus susceptible de se souvenir des données présentées de manière nouvelle plutôt que sous forme de clichés.

Les éléments sous-jacents de toutes les histoires sont presque identiques. Ce qui différencie une histoire, c’est la nouveauté du contenu ou la façon dont le contenu est structuré. Pour aider votre public à se souvenir ou à agir en fonction de votre message, présentez-le d’une manière nouvelle et unique.

ATTENTION À VOS HISTOIRES INTÉRIEURES

Les grandes histoires nous laissent souvent le sentiment de pouvoir changer nos vies pour le mieux. D’autres histoires nous laissent inchangés, ou pire, nous empêchent de réaliser notre plein potentiel.

Les histoires les plus démoralisantes sont souvent celles que nous nous racontons.

Lorsque nous permettons à notre esprit de se concentrer sur une histoire limitative (comme «Je ne suis pas assez bien» ou «Je ne pourrai jamais faire ça»), nous déclenchons la même cascade d’hormones de stress que si nous étions poursuivis par un tigre. Nous créons nos propres cauchemars à travers les histoires que nous nous racontons sur ce qui pourrait arriver.

« La question la plus importante que quiconque puisse se poser est: quel mythe suis-je en train de vivre? » – Carl Jung 

En tant qu’humanité, les histoires que nous croyons à propos de nous-mêmes déterminent comment nous considéronsles autres. Tant que nous croyons en l’idée que nous ne faisons pas tous partie de la même famille humaine, mais seulement d’une partie ou d’un certain «groupe», nous agirons en conséquence.

Plus nous pouvons comprendre et croire en notre interconnexion et notre interdépendance mutuelle, plus nous nous considèrerons nous-mêmes et les autres avec une plus grande compassion. Quelle histoire racontons-nous sur l’humanité à travers la vie de nos PDG?                           

© 2020 – SUPERHUMAIN